Mon locataire demande une réduction de loyer : que faire ?

Une lettre recommandée arrive au bureau de poste : votre locataire demande une réduction de loyer, et vous voulez savoir si sa demande est justifiée. Avant d'accepter ou de refuser, sortez le dossier du bail. Le taux de référence actuel de 1,25 % n'ouvre pas, à lui seul, un droit à la baisse ; tout dépend du taux sur lequel le loyer en vigueur est fondé (Office fédéral du logement, taux de référence (2025)).

À Martigny comme ailleurs en Valais, trois demandes doivent rester distinctes : la baisse liée au taux de référence, la réduction invoquée pour un défaut du logement et la concession commerciale négociée entre les parties. Chacune appelle un examen différent et une réponse différente.

Le premier réflexe consiste donc à réunir le bail, les avis de modification du loyer et les échanges antérieurs.

Une femme d'affaires réfléchie examinant des documents liés à la gestion immobilière et à la location.

Répondre trop vite crée un désaccord évitable. Ne pas répondre expose le propriétaire à une saisine de l'autorité de conciliation. Il faut donc accuser réception, vérifier les pièces, puis répondre par écrit ; pour situer le coût et le périmètre d'une gestion déléguée, vous pouvez consulter notre page sur le coût d'une gérance immobilière.

Table des matières

Comprendre le taux de référence et la règle des 2,91 %

Le taux d'intérêt de référence hypothécaire est national. Il est calculé à partir des créances hypothécaires déclarées par les banques à la Banque nationale suisse, puis arrondi au quart de point de pourcentage. L'Office fédéral du logement le publie quatre fois par an, au début des mois de mars, juin, septembre et décembre (Office fédéral du logement, taux de référence (2025)).

Le taux est passé de 1,50 % à 1,25 % le 1er septembre 2025 et s'applique dans toute la Suisse, y compris en Valais, dès le lendemain. Si le loyer en vigueur est fondé sur 1,50 %, la baisse de 0,25 point ouvre en principe un droit à une réduction de 2,91 %. La relation n'est pas symétrique, précise l'Office fédéral du logement : une hausse de 0,25 point peut justifier une augmentation de 3 %, tandis que la baisse correspondante donne lieu à une réduction théorique de 2,91 %. Concrètement, le bailleur gagne plus à la hausse que le locataire ne récupère à la baisse.

Calculatrice, pièces de monnaie, stylo et contrat de location avec une icône de maison sur fond blanc.

À retenir : le pourcentage s'applique au loyer net. Les charges accessoires ne font pas partie de cette base de calcul.

Pour un loyer net mensuel de 1 500 CHF, une réduction théorique de 2,91 % représente environ 43,65 CHF par mois, soit près de 524 CHF par année, avant prise en compte des autres facteurs admis par le droit du bail (Office fédéral du logement, aide-mémoire sur le taux hypothécaire de référence dans les rapports de bail (2025)). Ce calcul donne un point de départ, pas une décision automatique sur le montant final.

La variation du taux moyen sous-jacent ne modifie pas immédiatement le taux de référence. En 2025, la moyenne s'établissait à 1,37 %, contre 1,44 % au trimestre précédent, précise l'Office fédéral du logement. Le taux de référence reste donc à 1,25 % tant que cette moyenne ne descend pas sous 1,13 % ou ne dépasse pas 1,37 %. Pour le contexte inverse, la page sur l'augmentation du loyer en Suisse présente les principes applicables à une hausse.

Vérifier dans le bail si la demande est fondée

Ne partez pas du pourcentage avancé par le locataire. Retrouvez d'abord la base sur laquelle le loyer actuel a été calculé. Elle figure généralement dans le contrat initial, une notification de modification du loyer ou un avis antérieur du bailleur. Comparez cette pièce au taux de référence applicable.

Un homme d'affaires examine attentivement des documents financiers liés à une propriété et aux coûts énergétiques associés.

Examinez ensuite le décompte du loyer et séparez clairement le loyer net des charges accessoires. Une demande qui applique le pourcentage de baisse aux charges plutôt qu'au loyer net repose sur une base de calcul incorrecte. Gardez une copie des documents utilisés et notez la date de chaque avis de loyer : cela permet de retracer le calcul et d'expliquer votre réponse.

La comparaison mène à trois résultats possibles :

Le taux de référence ne suffit pas toujours à fixer le montant final. Le dossier peut aussi contenir des éléments relatifs aux coûts admis par le droit du bail. Ne concluez donc ni à l'absence de droit ni à une baisse complète avant d'avoir rapproché le bail, les avis et les pièces de coûts. Un refus non motivé risque d'être contesté, tandis qu'un accord mal calculé peut peser durablement sur le revenu locatif.

Accepter, refuser ou négocier quelle réponse choisir

Une fois le dossier vérifié, choisissez une position et exposez-la clairement. Une réponse vague, par exemple « la demande est en cours d'examen » sans suivi, ne règle pas le différend. Le bailleur peut accepter la baisse calculée, la refuser en motivant sa décision ou proposer un accord négocié.

Option Quand elle se justifie Ce qu'il faut documenter
Accepter la baisse Le calcul est fondé et les pièces ne révèlent pas de facteurs venant modifier le résultat. Le calcul retenu, la date d'effet convenue et la mise à jour du dossier locatif.
Refuser avec motifs Des facteurs de coûts admis par le droit du bail influencent la réduction demandée. Les justificatifs de coûts, les travaux d'amélioration invoqués et le raisonnement reliant ces pièces au loyer.
Négocier un accord Les deux parties préfèrent régler le différend par un arrangement clair plutôt que poursuivre la contestation. Les engagements réciproques, les éventuels travaux et tout changement convenu au bail.

Un refus doit s'appuyer sur des éléments vérifiables, pas sur l'impression que le loyer est déjà correct. Les facteurs invoqués peuvent inclure une hausse générale des coûts ou des travaux d'amélioration, mais les pièces doivent permettre de justifier leur prise en compte. Si les documents ne soutiennent pas le refus, mieux vaut réexaminer le calcul avant que le locataire ne saisisse la commission.

Une négociation commerciale est différente d'une baisse réglementée. Une proposition portant, par exemple, sur des travaux ou un avenant doit décrire précisément l'engagement de chacun. Ne conditionnez pas oralement une réduction à une promesse imprécise : consignez l'accord par écrit et faites signer l'avenant.

Rédiger la réponse formelle et son impact comptable

Répondez au locataire par écrit et conservez une preuve de l'envoi. Le courrier recommandé reste la voie la plus sûre : il fixe la date de transmission et verrouille votre position. Le bailleur dispose de 30 jours pour répondre, selon l'aide-mémoire de l'Office fédéral du logement cité plus haut.

Le courrier doit identifier le bail concerné, rappeler la demande reçue et annoncer une décision compréhensible. En cas d'acceptation, indiquez le calcul retenu et les modalités convenues. En cas de refus, exposez les motifs et joignez ou mentionnez les pièces sur lesquelles ils reposent. Si une partie du calcul reste à vérifier, dites précisément quels documents sont encore nécessaires.

Point de gestion : classez ensemble la demande, le bail, les avis de loyer, votre réponse et les justificatifs. Un dossier reconstitué après le début d'un litige est plus difficile à défendre.

Une baisse acceptée doit ensuite être répercutée sans décalage dans les outils de gérance : adaptation du loyer appelé, mise à jour du compte du locataire et conservation de l'accord. Vérifiez aussi la concordance entre les encaissements, le suivi de l'immeuble et le bouclement comptable. Un oubli à ce stade se paie au moment de l'arrêté annuel.

Sur le plan fiscal, ne déduisez aucun traitement précis du seul fait qu'une baisse a été accordée : l'effet sur la déclaration dépend de votre situation et des règles applicables.

Si la conciliation s'imposait en Valais

En Valais, la Commission cantonale de conciliation en matière de bail à loyer constitue la première autorité à saisir pour un litige portant sur un logement ou un local commercial. Elle tente de rapprocher les parties. Si aucun accord n'aboutit, elle délivre, dans les cas prévus par la loi, l'autorisation de procéder (État du Valais, Bail à loyer (2026)).

Une rencontre de médiation immobilière entre un propriétaire, une locataire et une professionnelle autour d'une table.

Deux situations ouvrent la voie à la commission. En cas de refus, le locataire peut saisir l'autorité de conciliation. Si le bailleur n'a pas répondu dans le délai prévu, le délai de saisine court 60 jours après la demande initiale, selon l'aide-mémoire de l'Office fédéral du logement déjà cité. Conséquence directe : votre silence ne gagne pas de temps, il déclenche le compte à rebours du locataire.

La requête adressée à la commission doit être écrite et signée. Elle désigne les parties, formule les conclusions, c'est-à-dire ce qui est demandé, et décrit l'objet du litige. Une simple lettre contenant ces éléments suffit, précise le canton.

Préparez le bail, les notifications de loyer, la demande du locataire, votre réponse et les justificatifs du calcul. Pour un propriétaire de Martigny ou du Valais romand, cette étape cantonale précède toute action judiciaire. Une distinction à garder en tête : une baisse négociée librement entre vous et votre locataire ne passe pas par là. Seule la baisse réglementée contestée aboutit devant la commission, et c'est là que votre dossier doit tenir seul, sans explication orale pour le compléter.

Vos réflexes à garder et l'erreur à ne pas commettre

La règle de conduite est simple : vérifiez avant de répondre, puis documentez chaque décision. Retrouvez le taux déterminant dans le bail ou la dernière notification, contrôlez le loyer net, examinez les facteurs de coûts et transmettez une réponse écrite dans le délai applicable. Si le dossier comporte des pièces manquantes, demandez-les sans laisser la demande sans suite.

Les erreurs les plus fréquentes sont faciles à éviter :

La rentabilité locative et le traitement fiscal du revenu immobilier peuvent être concernés, mais les conséquences dépendent de la situation du propriétaire. Pour une question voisine de gestion locative, consultez aussi notre page sur le locataire qui ne paie pas son loyer en Suisse. Les taux applicables sont publiés par l'Office fédéral du logement, il faut vérifier la valeur en vigueur au moment de traiter le dossier.

Pour un examen de la gérance et des démarches liées aux demandes de baisse, la gérance immobilière en Valais peut être intégrée au suivi du bien. LM-FIC Sàrl accompagne les propriétaires dans le traitement administratif des demandes locataires et la gestion locative.

Les taux et montants mentionnés sont ceux en vigueur à la date de publication. Ils font l'objet d'adaptations régulières : nous vérifions les valeurs applicables à votre situation lors du rendez-vous.


LM-FIC Sàrl accompagne les propriétaires valaisans dans l'examen des demandes de réduction de loyer, la tenue du dossier locatif et le suivi comptable de la gérance. Pour discuter d'un dossier situé à Martigny ou dans le Valais romand, prenez rendez-vous auprès de LM-FIC Sàrl ou appelez le 079 767 01 07.