
Un propriétaire valaisan peut constater qu'un loyer paraît inférieur aux montants demandés pour des logements comparables à Martigny. Cela ne suffit pourtant pas pour modifier le bail. Augmenter le loyer de son locataire en Suisse exige un motif admissible, un calcul défendable, la formule officielle approuvée par le canton et un calendrier exact.
Le taux d'intérêt de référence publié par l'Office fédéral du logement est actuellement de 1,25 %, inchangé depuis septembre 2025, selon les informations officielles sur le taux de référence. Le propriétaire doit aussi tenir compte de la procédure de contestation et conserver un dossier complet avant toute notification. Une erreur de forme peut retarder l'effet de la hausse et créer un litige.
Monsieur Dunoyer possède un appartement de 3,5 pièces à Martigny. Le bail a été signé il y a quatre ans et le loyer net s'élève à 1 250 CHF. En consultant les annonces du quartier, il constate un écart avec les loyers proposés aujourd'hui. Son premier réflexe serait d'envoyer une lettre annonçant le nouveau montant.
Ce réflexe est risqué. Le bailleur ne peut pas augmenter unilatéralement le loyer par simple courrier ou courriel. Le droit fédéral du bail, notamment les articles 269 et suivants du Code des obligations, encadre les loyers abusifs et les majorations. La notification doit être motivée et effectuée au moyen de la formule officielle agréée par le canton du Valais.
La comparaison avec le marché peut constituer un élément d'analyse, mais elle ne remplace pas une base légale correctement établie. Le dossier doit généralement s'articuler autour d'un motif reconnu, par exemple :
Le motif n'est toutefois qu'une première condition. La hausse doit aussi respecter la forme et le délai. Pour les logements locatifs, la notification doit parvenir au locataire au moins 10 jours avant le début du délai de résiliation, lequel est d'au moins trois mois (art. 269d al. 1 et art. 266c CO).
Règle pratique : un propriétaire doit préparer le calcul et les pièces avant de remplir la formule. La notification ne doit pas servir à découvrir après coup si le motif était valable.
Un dossier monté sans rigueur peut ouvrir une contestation et immobiliser la majoration pendant la procédure. Le locataire dispose de 30 jours dès la réception de l'avis pour contester la majoration devant la Commission cantonale de conciliation en matière de bail à loyer, comme l'indique la formule officielle valaisanne de notification de hausse de loyer. Pendant la procédure de conciliation, le bail reste en vigueur sans changement au sens de l'art. 270e CO, de sorte que l'ancien loyer continue de s'appliquer jusqu'à l'issue du litige. Avant toute décision, le propriétaire peut aussi examiner les coûts d'une administration locative dans le contexte de sa détention immobilière, notamment dans cette présentation de gérance immobilière.
Le Code des obligations distingue plusieurs mécanismes. Ils ne se combinent pas librement et ne reposent pas tous sur les mêmes justificatifs. Une hausse fondée uniquement sur la volonté d'obtenir un rendement supérieur ou sur la comparaison informelle avec une annonce voisine ne suffit pas.
La variation du taux d'intérêt de référence constitue un motif fréquemment utilisé. Le bailleur doit identifier le taux pris en compte lors de la dernière fixation du loyer, puis le comparer au taux applicable au moment du calcul. Le taux actuel est publié par l'Office fédéral du logement, qui fournit la référence nationale à consulter.
L'IPC relève d'un autre régime. Un bail indexé doit contenir une clause d'échelle mobile et l'adaptation doit reposer sur l'Indice suisse des prix à la consommation publié par l'Office fédéral de la statistique. L'indexation n'est pas automatique. Le calcul, le point de départ de l'indice et la notification doivent être contrôlés séparément.
Les charges accessoires ne doivent pas être confondues avec le loyer net. Le bailleur peut réclamer les coûts accessoires prévus par le contrat lorsqu'ils sont effectivement liés à l'usage du bien et documentés. Une modification du montant des charges exige une présentation claire de la base contractuelle et des coûts concernés.
Les travaux peuvent justifier une majoration lorsqu'ils créent une plus-value durable, par exemple une amélioration énergétique ou l'installation d'un équipement qui n'existait pas. Le remplacement à l'identique et l'entretien ordinaire ne doivent pas être traités comme une amélioration. Les factures doivent donc être ventilées entre entretien et prestation supplémentaire.
Le loyer comparable du quartier est un motif strictement encadré. L'Office fédéral de la statistique publie l'indice des loyers, qui permet de replacer l'évolution des loyers dans une série statistique nationale. Ces données objectivent le marché, mais elles ne dispensent pas le propriétaire de démontrer que son propre loyer respecte les règles applicables.
| Motif | Base légale | Justificatif requis | Cumulable |
|---|---|---|---|
| Taux de référence | Code des obligations, droit fédéral du bail | Historique du taux et calcul du loyer net | Selon la situation, avec distinction des motifs |
| IPC | Clause d'indexation du bail et droit fédéral | Bail, indice de départ, indice applicable et calcul | Régime distinct, à ne pas confondre avec le taux |
| Charges accessoires | Contrat de bail et décompte des coûts | Factures, décompte et clé de répartition | Possible seulement si chaque poste reste identifiable |
| Travaux à plus-value | Code des obligations et règles fédérales du bail | Factures, descriptif, ventilation entretien et amélioration | Oui, si les motifs sont séparés |
| Loyer comparable | Code des obligations, contrôle du loyer non abusif | Comparaisons pertinentes et documentées | À examiner avec prudence |
Le bailleur doit aussi vérifier les dates de prescription et les échéances applicables au motif retenu. Lorsqu'un point n'est pas documenté, il vaut mieux le traiter comme incertain plutôt que l'intégrer automatiquement à la notification.
Le calcul commence par l'identification de deux valeurs : le taux mentionné ou retenu lors de la dernière fixation du loyer, puis le taux publié pour la nouvelle période. Le propriétaire ne doit pas partir d'une différence entre son loyer et les annonces du marché. Il doit partir de l'historique du bail.
Une augmentation de 0,25 point du taux de référence donne droit, en règle générale, à une hausse maximale de 3 % du loyer net tant que le taux reste inférieur à 5 % (art. 13 al. 1 let. c OBLF). Cette correspondance sert de repère. Elle ne transforme pas chaque calcul en droit automatique à une hausse, car le caractère abusif du loyer et les précédentes adaptations restent déterminants.
Pour illustrer la méthode, le dossier de Martigny retient un loyer net de 1 250 CHF et une évolution du taux de référence de 1,25 % à 1,75 %. La variation est de 0,50 point, soit deux tranches de 0,25 point. En appliquant le repère indicatif de 3 % par tranche, l'augmentation théorique atteint environ 6 % du loyer net, soit 75 CHF par mois.
La formule de travail est la suivante :
(nouveau taux - ancien taux) / 0,25 × 3 % × loyer net
| Paramètre | Valeur | Résultat |
|---|---|---|
| Loyer net de référence | 1 250 CHF | Base du calcul |
| Taux antérieur | 1,25 % | Taux retenu dans l'exemple |
| Nouveau taux | 1,75 % | Variation examinée |
| Écart de taux | 0,50 point | Deux tranches de 0,25 point |
| Adaptation indicative | 6 % | Repère de calcul |
| Hausse mensuelle théorique | 75 CHF | Avant examen des autres motifs |
Le taux actuellement publié est de 1,25 %, inchangé depuis septembre 2025, selon l’Office fédéral du logement. Dans un dossier réel, il faut surtout vérifier que le taux de départ correspond bien à la dernière fixation du loyer et que le taux en cours ne conduit pas à dépasser la part admissible. Les hausses antérieures déjà appliquées ne peuvent pas être ignorées.
Le montant de 75 CHF constitue donc uniquement le résultat de l'exemple. Il ne permet pas d'ajouter automatiquement une indexation, des travaux ou une adaptation de marché sans analyser séparément chaque fondement.
L'indexation à l'IPC ne fonctionne pas comme une adaptation au taux de référence. Elle suppose une clause d'indexation dans le bail et un calcul fondé exclusivement sur l'Indice suisse des prix à la consommation. Le bailleur doit conserver le bail signé, l'indice de départ et la valeur utilisée pour la nouvelle notification. En l'absence de clause d'indexation, le bailleur n'est pas privé de tout effet du renchérissement. Sur un bail ordinaire, il peut invoquer la compensation du renchérissement pour le capital exposé aux risques, dont l'augmentation ne peut pas dépasser 40 % de la hausse de l'indice suisse des prix à la consommation (art. 269a let. e CO et art. 16 OBLF). Ce mécanisme est distinct de l'indexation et doit être calculé séparément.
La part d'inflation retenue dans un bail indexé doit être calculée conformément au régime applicable. L'art. 269b CO ne valide la clause d'indexation que si le bail est conclu pour cinq ans au moins et si la référence est l'indice suisse des prix à la consommation. L'adaptation n'est jamais automatique et exige une notification sur la formule officielle. Le bailleur ne doit donc pas mélanger une clause d'indexation avec le mécanisme du taux de référence dans une seule ligne de calcul.
Les charges effectives forment un autre levier. Elles doivent être prévues par le bail, liées aux frais accessoires admissibles et appuyées par des décomptes. Pour un immeuble en PPE à Martigny, les factures de chauffage, d'eau ou d'entretien doivent rester séparées du loyer net. Un décompte de charges PPE mal ventilé complique autant la relation avec le locataire que le contrôle du dossier.
Les travaux à plus-value doivent être documentés après leur réalisation. Le bailleur doit distinguer ce qui remplace l'existant de ce qui améliore réellement le logement, puis notifier le motif et le calcul de manière séparée. Une rénovation énergétique, un ascenseur ou un équipement nouveau peuvent être examinés dans cette logique, mais chaque projet doit être apprécié selon ses coûts et sa plus-value.
| Levier | Base légale | Calcul | Délai | Risque de contestation |
|---|---|---|---|---|
| Taux de référence | Droit fédéral du bail | Variation du taux et loyer net | Prochaine échéance résiliatoire | Calcul historique incomplet |
| IPC | Clause d'indexation et droit fédéral | Indices contractuellement pertinents | Prochaine échéance selon le bail | Clause absente ou indice mal choisi |
| Charges | Bail et coûts accessoires | Frais effectifs et clé de répartition | Selon le calendrier contractuel | Poste non prévu ou insuffisamment prouvé |
| Travaux | Plus-value durable | Coûts ventilés entre entretien et amélioration | Après documentation des travaux | Répercussion de l'entretien ordinaire |
| Comparaison locale | Contrôle du caractère abusif | Éléments comparables et cohérents | Échéance résiliatoire | Comparaisons trop générales |
La hausse des loyers du marché explique les questions fréquentes des propriétaires, mais elle ne crée à elle seule aucun droit à la hausse sur un bail en cours. La décision doit toujours répondre à trois questions : quelle base légale, quel calcul et quel calendrier.
La formule officielle du canton du Valais doit présenter le loyer actuel, le nouveau loyer proposé, la date d'entrée en vigueur et les motifs détaillés. Le propriétaire doit aussi indiquer les charges concernées lorsque la modification porte sur ce poste. La notification doit être signée et remise au locataire dans une forme permettant d'établir sa réception.

Le délai légal indiqué dans les données disponibles est de 10 jours avant le début du délai de résiliation. Pour les logements locatifs, le délai de résiliation est d'au moins trois mois, ce qui impose en pratique une anticipation minimale d'environ 3 mois et 10 jours avant l'entrée en vigueur, selon l'art. 269d al. 1 CO, combiné à l'art. 266c CO. La hausse ne peut pas prendre effet à une date choisie librement par le bailleur.
Un dossier sérieux contient notamment :
L'envoi recommandé avec preuve de réception est une pratique prudente. La preuve doit permettre d'établir la date à laquelle la notification est parvenue au locataire, pas uniquement la date à laquelle elle a été déposée à la poste.
Pour un bail valaisan, le calendrier doit être calculé à partir de l'échéance résiliatoire prévue au contrat. Une notification reçue trop tard ne produit pas nécessairement l'effet recherché. Le propriétaire risque alors de devoir attendre l'échéance suivante, même si le motif économique était défendable.
Le modèle ci-dessous sert uniquement de trame de contrôle. Il ne remplace pas la formule officielle du canton du Valais, qui doit être utilisée pour une notification valable.
Bailleur
Nom et adresse du propriétaire
Coordonnées pour les échanges
Locataire
Nom et adresse du locataire
Objet loué
Adresse du logement à Martigny ou dans une autre commune valaisanne, étage, numéro de logement et référence du bail
Notification de majoration de loyer
Loyer net actuel : [montant en CHF]
Charges actuelles : [montant en CHF, si applicable]
Nouveau loyer net : [montant en CHF]
Nouvelles charges : [montant en CHF, si applicable]
Date d'entrée en vigueur : [date correspondant à une échéance résiliatoire valable]
Motif de la majoration
La majoration repose sur le motif suivant : [variation du taux de référence, indexation prévue au bail, hausse documentée des charges ou travaux créant une plus-value].
Le calcul est le suivant : [taux ou indice de départ], [taux ou indice retenu], [différence], [pourcentage appliqué], [montant mensuel résultant]. Les pièces justificatives sont annexées : historique du bail, publication du taux ou de l'indice, factures, décompte et ventilation des coûts.
La formule officielle doit aussi informer le locataire de son droit de contester la majoration auprès de l'autorité compétente. Le texte exact de cette information doit être repris depuis le formulaire cantonal en vigueur, plutôt que rédigé librement dans une lettre privée.
Une lettre explicative peut accompagner la formule. Elle ne doit pas remplacer la formule officielle.
La notification doit être signée par le bailleur ou son représentant habilité. L'envoi recommandé avec preuve de réception permet de conserver une trace du calendrier. Pour un bail de durée déterminée, la possibilité d'une modification en cours de contrat dépend du contenu du bail et du droit applicable. Une notification envoyée avant l'échéance ne corrige pas une clause qui ne permettrait pas la modification envisagée.
Le propriétaire doit éviter les formulations vagues comme « adaptation au marché » ou « augmentation des frais » sans montant ni pièces. Chaque motif doit être identifiable et chiffré séparément.
Le locataire qui estime la hausse injustifiée peut engager une procédure devant l'autorité de conciliation compétente en matière de bail. En Valais, cette autorité est la Commission cantonale de conciliation en matière de bail à loyer, rattachée au Service de l'industrie, du commerce et du travail, Av. du Midi 7, 1950 Sion. Elle est compétente pour l'ensemble du canton et son secrétariat comprend des répondants distincts pour le Bas-Valais, le Valais central et le Haut-Valais. Le propriétaire doit donc conserver la preuve de notification et vérifier les indications figurant sur la formule officielle.
La contestation doit être déposée dans les 30 jours qui suivent l'avis de majoration (art. 270b al. 1 CO). Si les parties ne parviennent pas à un accord, le bail reste en vigueur sans changement pendant la procédure de conciliation, puis pendant la procédure judiciaire, sous réserve des mesures provisionnelles ordonnées par le juge (art. 270e CO). Une contestation reporte donc l'effet de la hausse jusqu'à l'issue du litige, ce qui explique pourquoi le bailleur doit constituer son dossier avant l'envoi.
Les pièces utiles comprennent :
Une erreur formelle peut neutraliser l'avantage temporel de la hausse. Si le locataire conteste, le bailleur doit éviter de considérer le nouveau montant comme définitivement acquis tant que le litige n'est pas réglé. Une restitution de trop-perçu peut aussi entrer en considération si la majoration est finalement réduite ou annulée.
La négociation peut limiter le conflit, mais elle doit rester écrite. Un échelonnement volontaire peut faciliter l'acceptation pratique d'une adaptation importante, sans transformer une hausse irrégulière en hausse valable. Il faut aussi éviter de présenter une hausse comme obligatoire lorsque le calcul comporte une marge d'incertitude.
La gestion du paiement exige une vigilance distincte. Un locataire qui ne paie pas le loyer soulève une autre problématique, traitée dans ce guide sur le locataire qui ne paie pas son loyer en Suisse. Une contestation de hausse ne doit pas être confondue avec un défaut de paiement ordinaire.
Pour un propriétaire de Martigny, la bonne décision consiste à faire vérifier le motif, le calcul, la formule et la date d'effet avant l'envoi. Une gérance ou une fiduciaire qui maîtrise l'administration immobilière peut organiser le dossier, distinguer le loyer des charges et suivre les échanges avec le locataire. LM-FIC Sàrl propose notamment la gérance locative, les notifications de hausse ou de baisse de loyer et le traitement administratif des demandes locataires dans le Valais romand.
Pour sécuriser une notification de hausse, LM-FIC Sàrl peut examiner le bail, contrôler le motif, établir le calcul et préparer le suivi administratif du dossier. Les propriétaires peuvent consulter LM-FIC Sàrl pour prendre rendez-vous en ligne ou appeler le 079 767 01 07.