
Vous recevez trois offres pour refaire la toiture de votre PPE à Martigny. La majorité des copropriétaires veut avancer, mais personne ne sait encore si le fonds de rénovation suffit, qui paiera l'appel complémentaire ni quelle majorité doit être calculée. Dans une autre PPE, une isolation de façade est acceptée en principe, puis contestée lorsque la facture et la clé de répartition arrivent.
C'est précisément là que naissent les litiges. Pour répondre correctement à la question travaux dans une PPE, qui décide et qui paie, il faut séparer deux décisions : l'autorisation du chantier, puis son financement. La nature des travaux, le règlement de PPE, l'acte constitutif, les quotes-parts et les exigences du droit public doivent être examinés avant le vote.
La propriété du logement occupe une place importante dans le canton du Valais. Selon les données de l'Office fédéral de la statistique relatives au logement en 2022 (2022), 56,8 % des logements valaisans étaient occupés par leur propriétaire. Le canton comptait alors 145'805 logements, dont 56'267 logements occupés par leur propriétaire, tandis que le taux de vacance s'élevait à 3,4 %, soit environ 4'950 logements.
Dans une PPE, cette réalité implique des décisions collectives régulières. Une toiture, une façade, une installation de chauffage, des conduites communes ou une enveloppe thermique ne relèvent pas uniquement de l'appartement directement concerné. Le chantier touche l'immeuble, ses parties communes, sa conservation et souvent les finances de chaque copropriétaire.

Un échange informel entre voisins peut faire émerger un projet, mais il ne remplace pas une décision valable de la communauté. L'administrateur doit rattacher le chantier à sa qualification juridique, vérifier la majorité nécessaire, présenter des offres comparables et consigner le résultat dans un procès-verbal exploitable.
Le financement suit une logique distincte. L'assemblée peut approuver le principe d'une rénovation et demander une décision séparée sur l'utilisation du fonds de rénovation, le choix du devis ou un appel extraordinaire. Un vote global et imprécis laisse une ouverture à la contestation.
Règle pratique : un procès-verbal solide doit permettre de répondre séparément à quatre questions : quels travaux, pourquoi, pour quel montant et selon quel mode de financement.
Le règlement de PPE peut prévoir des modalités particulières. Les documents constitutifs doivent donc être lus avant toute convocation. La gérance, la comptabilité et le suivi des appels de fonds doivent rester cohérents, surtout lorsqu'une PPE valaisanne prépare un chantier énergétique ou une rénovation lourde.
Le Code civil suisse distingue les travaux nécessaires, utiles et somptuaires. Les dispositions pertinentes figurent aux art. 647c à 647e et 712a ss du Code civil suisse, consultables dans le Code civil suisse publié sur Fedlex.
Cette qualification détermine la majorité, la possibilité d'imposer la dépense à l'ensemble de la communauté et la manière de traiter un copropriétaire opposé au projet. Elle ne dépend pas du vocabulaire employé dans le devis. Un document qui parle de « modernisation » peut recouvrir une mesure nécessaire, utile ou somptuaire selon son effet réel sur l'immeuble.

Les travaux nécessaires servent à conserver l'immeuble, sa valeur et son usage. Le remplacement d'une chaudière commune défectueuse, la réparation d'une toiture qui laisse pénétrer l'eau ou la remise en état d'une installation technique indispensable entrent typiquement dans cette logique.
Le caractère urgent doit être documenté, mais l'urgence ne dispense pas de tenir compte des règles de décision. Une panne peut justifier une organisation rapide. Elle ne transforme pas automatiquement une dépense commune en décision individuelle du propriétaire qui a constaté le problème.
Les travaux utiles améliorent l'immeuble ou son fonctionnement sans relever de la simple conservation. Une isolation thermique plus performante, une installation solaire ou une amélioration technique peuvent appartenir à cette catégorie, selon la configuration concrète, le règlement et les effets du projet.
Le devis doit distinguer ce qui répare l'existant de ce qui apporte une amélioration. Cette séparation évite de présenter tout le projet comme un bloc unique et permet à l'assemblée de comprendre ce qu'elle accepte réellement.
Les travaux somptuaires apportent un confort ou un agrément qui n'est pas nécessaire à la conservation de l'immeuble. L'installation d'un jacuzzi sur une terrasse commune peut constituer un exemple, sous réserve de l'analyse des droits d'usage, de la structure, de la sécurité et du règlement.
Le mot « somptuaire » ne signifie pas simplement « coûteux ». Un chantier onéreux peut rester nécessaire s'il empêche une dégradation importante de l'immeuble. À l'inverse, une intervention relativement limitée peut être contestée si elle sert principalement un usage de confort imposé à tous.
Avant l'assemblée, le dossier devrait donc préciser :
La majorité ne se calcule pas toujours en comptant simplement les personnes présentes. Pour les travaux utiles, le Tribunal fédéral a rappelé, dans un arrêt du 19 novembre 2014, que la décision exigeait la double majorité des propriétaires d'étages et des quotes-parts représentant plus de la moitié de la chose. L’arrêt du Tribunal fédéral du 19 novembre 2014 constitue un repère important pour le décompte.
Une PPE peut donc avoir une majorité numérique sans atteindre la majorité des quotes-parts. Le procès-verbal doit faire apparaître les deux calculs, avec les personnes habilitées à voter, les quotes-parts représentées, les abstentions et le résultat.
| Catégorie de travaux | Majorité requise | Exemples courants |
|---|---|---|
| Travaux nécessaires | Règles applicables à l'administration de la communauté, sous réserve du règlement et des documents constitutifs | Réparation d'une toiture, remplacement d'une installation défectueuse, conservation d'une façade |
| Travaux utiles | Double majorité des propriétaires d'étages et des quotes-parts représentant plus de la moitié de la chose, selon le cadre légal applicable | Isolation améliorée, installation solaire, amélioration technique commune |
| Travaux somptuaires | Unanimité lorsque la mesure ne peut pas être imposée aux copropriétaires opposés, sous réserve de l'analyse juridique du cas | Équipement de confort particulier, aménagement récréatif d'une partie commune |
Cette matrice sert de point de départ, pas de substitut à la lecture du règlement. La qualification peut changer si le chantier combine plusieurs objectifs. Une toiture peut nécessiter une réfection urgente, puis intégrer une amélioration énergétique. Le procès-verbal devrait alors séparer les postes et expliquer la règle de décision appliquée à chacun.
Les quotes-parts ne servent pas uniquement à répartir les charges. Elles influencent aussi le résultat du vote lorsque la double majorité est requise. Une décision approuvée par plusieurs petits lots peut échouer si les quotes-parts correspondantes ne dépassent pas le seuil applicable.
La convocation doit présenter un objet suffisamment précis. « Rénovation de l'immeuble » ne permet pas toujours de comprendre si l'assemblée vote une réparation, une amélioration, un devis déterminé ou un principe général. Une résolution distincte par étape réduit les ambiguïtés.
L'erreur la plus fréquente consiste à écrire : « L'assemblée accepte les travaux, le financement sera réglé par le fonds de rénovation. » Cette phrase peut être insuffisante. L'approbation du chantier et la décision financière n'ont pas nécessairement le même objet, ni la même documentation, ni les mêmes conséquences pour les copropriétaires.
La fiche de l'Office fédéral de l'énergie sur la planification des investissements des communautés de propriétaires par étage confirme que les communautés utilisent des fonds de rénovation pour planifier leurs investissements. Cela ne signifie pas que le fonds couvre automatiquement chaque chantier accepté.

Un dossier bien construit sépare au minimum :
Un projet d'isolation peut être accepté parce que la communauté reconnaît son intérêt. Le financement peut ensuite poser problème si le fonds est insuffisant, si plusieurs offres présentent des périmètres différents ou si certains copropriétaires contestent la répartition.
Point souvent négligé : voter le chantier ne revient pas à voter automatiquement chaque facture qui en découlera.
La résolution financière devrait indiquer le montant retenu sur la base du devis accepté, la source de financement, la clé de répartition, les échéances de paiement et la personne chargée du suivi. Si le montant final dépend d'options, celles-ci doivent être identifiées et soumises à une autorisation distincte.
Les appels de fonds doivent ensuite correspondre à la décision. Un appel qui ne reprend ni la base votée, ni la clé applicable, ni le calendrier peut alimenter une contestation, même si le chantier lui-même était valablement approuvé.
L'administrateur doit également préserver les pièces : offres reçues, tableau comparatif, procès-verbal, justificatifs de paiement, factures et correspondance. La comptabilité ne sert pas seulement à enregistrer les dépenses. Elle permet de démontrer le lien entre la décision, l'encaissement et le paiement.
Pour les questions liées au changement d'administrateur et à la continuité du dossier, la procédure doit être distinguée du vote financier lui-même. Une administration de PPE organisée facilite la conservation des décisions et le passage des informations, mais ne remplace jamais la majorité requise.
Une décision de PPE ne remplace pas une autorisation administrative. En Valais, lorsqu'un projet est soumis à autorisation, il doit être annoncé à l'autorité compétente avant le début des travaux. Les informations du portail officiel du canton du Valais consacré aux utilisateurs de la construction rappellent également que la réception finale relève de la commune ou du canton selon la répartition des compétences.
Cette règle concerne la PPE même lorsque l'assemblée a voté à la majorité correcte. Un chantier peut être valable sur le plan interne et rester bloqué sur le plan public si le dossier n'a pas été annoncé ou si un préavis est requis.
À Martigny comme dans les autres communes valaisannes, le calendrier devrait intégrer plusieurs étapes :
Les travaux énergétiques demandent une attention particulière. Le canton recommande de réaliser d'abord un audit, puis de décider des interventions et de déposer les demandes d'autorisation et de subvention avant le début du chantier, conformément aux informations officielles sur les subventions énergétiques en Valais.
Selon la nature du projet, la protection incendie peut nécessiter une mesure de sécurité, la définition d'un degré d'assurance qualité, la désignation d'un responsable et des concepts ou plans spécifiques. Ces exigences ne sont pas réglées par le seul procès-verbal de la PPE.
Une façade, une toiture, un garage ou une installation technique peut donc engager plusieurs autorités ou spécialistes. Le dossier présenté à l'assemblée doit signaler les conditions connues, les démarches restantes et les risques liés au calendrier. Cela évite de promettre une date de chantier qui dépend encore d'une autorisation.
Le droit suisse n'impose pas de manière générale la constitution d'un fonds de rénovation. Son existence, son niveau et ses modalités dépendent notamment du règlement et des décisions de la communauté, comme le rappelle l'analyse consacrée au fonds de rénovation en PPE.
Cette absence d'obligation générale ne supprime pas le besoin de planifier. Une PPE sans réserve suffisante peut repousser les travaux, puis demander un appel extraordinaire lorsque la toiture, le chauffage ou l'enveloppe du bâtiment ne peut plus attendre.
Un propriétaire achète un lot dans une PPE valaisanne. Après la vente, la communauté décide de financer des travaux longtemps différés par un appel extraordinaire. Le nouveau propriétaire peut ressentir une injustice, car les décisions qui ont conduit au retard précèdent son arrivée.
La réponse ne se déduit pas d'un sentiment d'équité. Il faut examiner le règlement, les décisions antérieures, la date de la décision de travaux, la nature de la dépense et la clé de répartition applicable. La question du moment de la vente peut aussi nécessiter une analyse contractuelle et documentaire.
Le fonds insuffisant pose donc trois problèmes liés :
Avant d'acheter un lot, il faut examiner les procès-verbaux récents, les comptes de la PPE, le budget, le solde du fonds, les travaux annoncés et les appels déjà décidés. Il faut aussi vérifier si des litiges, sinistres ou demandes d'autorisation sont en cours.
Le fonds ne doit pas être analysé isolément. L'âge de l'immeuble, l'état de la toiture, du chauffage, des ascenseurs, de l'enveloppe et des conduites donnent une indication plus utile sur les besoins futurs. Un pourcentage appliqué mécaniquement ne remplace pas un plan pluriannuel chiffré.
La comptabilité PPE en Valais doit permettre de rapprocher les décisions, les contributions, le fonds et les dépenses. Les copropriétaires doivent pouvoir comprendre ce qui a été voté, ce qui a été encaissé et ce qui reste à financer.
Une assemblée fiable commence avant l'envoi de la convocation. Le dossier doit réunir le règlement de PPE, l'acte constitutif, les plans utiles, les rapports techniques, les offres comparables et une proposition de résolution distincte pour les travaux et leur financement.
Le procès-verbal devrait reprendre :
Si les travaux modifient le plan de répartition, une démarche supplémentaire peut être nécessaire. Lorsque la PPE a été inscrite avant l'achèvement du bâtiment et que le chantier entraîne une modification du plan, l’arrêté valaisan relatif à la propriété par étages prévoit la communication de l'achèvement et, selon le cas, d'une attestation de conformité ou d'un plan rectifié au registre foncier dans les trois mois. En cas de retard, une amende comprise entre 50 et 500 francs peut être prononcée et un délai d'au moins 30 jours peut être imparti pour régulariser la situation (2025).
La gérance et la comptabilité doivent ensuite suivre les appels, les paiements, les factures et le solde du fonds. Une administration de PPE structurée permet de centraliser ces éléments, sans confondre le rôle de l'administrateur avec celui de l'autorité de construire ou du spécialiste technique.
Les taux et montants mentionnés sont ceux en vigueur à la date de publication. Ils font l'objet d'adaptations régulières : nous vérifions les valeurs applicables à votre situation lors du rendez-vous.
LM-FIC Sàrl assure l'administration de PPE, le suivi du fonds de rénovation, la préparation des assemblées et la comptabilité des travaux et appels de fonds dans le Valais romand. Pour examiner un dossier à Martigny ou dans la région, prenez rendez-vous en ligne via LM-FIC Sàrl ou appelez le 079 767 01 07.